atelier "Espaces en danse"

Cycle d'ateliers 2016 : Corps-Milieux

Cette série d’ateliers Corps-Milieux s’inscrit dans la continuité des réflexions et explorations menées l’année passée autour de l’espace en danse. Il nous est apparu que l’espace en danse n’existe pas de manière homogène, mais il se particularise à travers une multiplicité d’espaces singuliers : il peut être territoire, chemin, traversée, passage, écart, région sensible, intensive, etc. Il peut également être milieu. La spécificité du milieu, c’est de ne pas préexister à l’être qui l’habite : parler d’un milieu du geste dansé, par exemple, c’est rendre compte de la co-constitution de ce geste et de l’espace qui l’instaure. La danse remet en cause les frontières traditionnelles entre le sujet d’un côté et l’environnement de l’autre. Le corps dansé et dansant est un corps traversé par le dehors, c’est un enchevêtrement de lignes de force, un entrelacs de flux moteurs, sensoriels, affectifs et cognitifs. C’est en ce sens qu’il nous semble intéressant de creuser davantage ces relations et interactions qu’entretiennent corps et milieux. Comment penser et agir une écologie de la danse ?

Au cours de ces ateliers, nous nous intéresserons à ce processus de co-construction d’un corps et d’un milieu. Nous tenterons d’inventer des milieux communs – espace de jeu, d’engagement et d’altérité. Nous chercherons ensemble à expérimenter un nouveau rapport à soi et aux autres en soi : aller vers l’inconnu du corps, laisser advenir l’inattendu du geste, développer notre attention perceptive, faire corps avec le monde.

 

Atelier du dimanche 26 juin : Mémoires et territoires 

Dernier atelier du cycle "Corps-Milieux" au bois de Vincennes, sur l'emplacement de l'ancienne université de Vincennes, territoire de la pensée révolutionnaire post 68, dont il ne reste aujourd'hui aucune trace.

Danser avec les présences réelles et virtuelles, les esprits de la forêt, les fantômes du passé. Danser à l'écoute de l'autre et des autres en soi. Se laisser former, déformer, transformer par les flux sensoriels, affectifs et moteurs qui nous traversent.

Documentaires

-        « Vincennes, une université perdue » de Virginie Linhart

-        « Le bois dont les rêves sont faits » de Claire Simon

 

Atelier du dimanche 22 mai : Autour de l'axe

" L'axialité devient alors cette disponibilité à l'espace et sa compréhénsion, non pas tant en termes de représentation abstraite que de potentialités de déploiement du geste et de sa présence". Benoît Lesage

 

Atelier du dimanche 13 mars : Cartographie des corps

« Ne plus penser, c’est ne plus avoir de pensées distinctes, les laisser se mélanger les unes aux autres, ne pas leur permettre d’émerger selon des contours précis. En d’autres termes, il s’agit de cultiver la confusion. Or, à la faveur de cette confusion, la pensée se rend meuble et souple, elle s’insinue dans le corps pour ne plus s’en distinguer. Elle est comme l’eau qui pénètre dans tout interstice possible et dont la force est irrésistible, dangereuse si l’on y résiste. On sait alors que cette eau vient de partout.(…)

Ne pas sentir de façon distincte, laisser tous les signaux qui nous viennent du monde extérieur dans un flottement généralisé de telle sorte qu’ils ne soient plus pour l’instant rattachés entre eux, rompre toutes les liaisons qui forment notre univers perceptif. Qu’il n’y ai plus rien à notre disposition et que tout puissent retourner à un chaos de sensations dont nous ne pouvons saisir que des bribes. (…). Il faut en passer par là, car notre seule chance d’inventer une nouvelle organisation de notre monde exige la dissolution des connexions antérieures, par l’autorisation à se joindre avec n’importe quoi et n’importe comment. »

François Roustang – Il suffit d’un geste.

Dans un premier temps, je propose une exploration guidée par la voix, permettant de favoriser un état de disponibilité, d’observation et d’écoute. Accueillir les mots et sonder la manière dont ils résonnent en chacun de nous, ainsi que les images, sensations, pensées, affects qu’ils font émerger. Permettre de développer une attention flottante (sentir le proche et le lointain, «être ici et là », être partout à la fois) et laisser le corps se transformer.

J’invite, ensuite, au voyage à travers différentes parties du corps (la tête, le bassin, les extrémités), comme si nous parcourions des territoires inconnus, à la découverte de nouveaux paysages. Le long du chemin, observer les différences de reliefs, de textures, de matières, de couleurs, de températures, de végétations et accueillir leurs interactions réciproques.

Puis, cartographier les territoires traversés. Dessiner, tracer son parcours en laissant advenir ce qui affleure dans l’instant, sans jugement esthétique.

Dans un deuxième temps, nous proposons une partition collective permettant de s’accorder avec les autres dans un voyage à la fois individuel et commun. Se laisser traverser par chaque présence. Enfin, cartographier, collectivement, le territoire traversé ensemble.

 

Atelier du dimanche 10 janvier : Dans la peau de...

« Ce qu’il y a de plus profond en l’homme, c’est la peau. » Paul Valéry

Pour ce premier atelier de l’année, nous invitons à une exploration de la peau, de l’enveloppe, de la membrane régissant de manière poreuse et perméable les échanges entre dedans et dehors. Cette limite qui, simultanément, sépare et relie, est le lieu essentiel où s’effectuent une perception de l’environnement et une régulation de la dynamique des échanges. Notre proposition de mise en mouvement :

Partir de la peau – de sa continuité, de son élasticité, de son épaisseur, de sa porosité, de son adhérence, de sa sensibilité, de sa multidirectionnalité.

Aller au contact des autres et danser peau à peau – toucher, sentir, étirer, palper, caresser, effleurer, faire glisser la peau, la mienne, celle de mes partenaires.

Poursuivre, en duo ou trio, notre exploration à l’intérieur d’un tissu tube, nouvelle enveloppe fibreuse et élastique nous reliant – écouter les micro-étirements et transferts de poids du système pour aller progressivement vers une plus grande prise de risque en jouant des élans et des déséquilibres.

Étirer davantage encore l’enveloppe et l’attention à l’ensemble du groupe.

Enfin, muer – proposer par l’imaginaire de changer de peau, d’entrer dans celle d’un animal aquatique se connectant par sa peau et ses sens aux autres et à son milieu.